Home Blog

Donald Trump prive Huawei d’Android

20 mai 2019 – Google a officialisé l’information hier soir: l’entreprise américaine va suspendre ses relations avec Huawei. C’est un coup de tonnerre dans le monde économique, en général, et dans le secteur de la téléphonie mobile, en particulier.

C’est Trump qui…
Pour justifier sa décision, Google invoque une décision de la Maison Blanche. Celle-ci a inscrit Huawei sur une liste d’entreprises « engagées dans des activités contraires à la sécurité nationale des USA« . Elle interdit à toute entité commerciale américaine de vendre des composants ou d’octroyer des droits d’exploitation de brevets à ces entreprises. En tant que développeur d’Android, Google est directement concerné par cette interdiction.

Dans les faits, les prochaines générations de smartphones Huawei ne pourront plus utiliser le système mobile Android comme aujourd’hui. Une situation inédite.
Le fabricant chinois a deux options: utiliser la version « open source » d’Android (déjà utilisée en Chine depuis des années et qui n’est pas concernée par la décision du gouvernement américain) ou lancer son propre système d’exploitation. Huawei étudierait cette piste depuis des mois. Qu’en est-il aujourd’hui, on l’ignore.
De toute façon, aucune de ces deux solutions n’est idéale. Elles entraineraient une moins-value pour le consommateur et un coût supplémentaire substantiel pour Huawei. Dans les deux cas, l’équipementier chinois devrait en effet développer et offrir des alternatives aux applications existantes.

Android Open Source: c’est quoi?
Ce système d’exploitation propose une interface extrêmement proche de celle de l’Android que nous connaissons, mais dépourvue d’applications.

Le défi, c’est donc de développer un magasin d’applications (pour remplacer Google Play) permettant à l’utilisateur de télécharger les versions « originales » des applications de Netflix, Facebook, Dropbox, WordPress, Google (YouTube, Google Maps,…) et autres.
Serait-ce possible? A voir.

La réaction officielle de Huawei Belgique
« Huawei est un partenaire important d’Android et ce dans le monde entier. La confiance des consommateurs est sacrée pour nous et c’est grâce à cette confiance que nous en sommes là aujourd’hui. Huawei continuera de déployer toutes les mises à jour de sécurité et nous garantissons également un service après-vente de qualité, comme attendu par les consommateurs » déclare Jurgen Thysmans, porte-parole de Huawei Technologies Belgium.

Pour le fabricant chinois, il était important de rassurer les consommateurs. Premier point: les smartphones Huawei actuels continueront à fonctionner demain comme ils le font aujourd’hui. La question commencera à se poser lors de la disponibilité de mises à jour. Google permettra-t-il leur téléchargement sur les appareils existants?

Des effets potentiels très importants
La situation provoquée par le gouvernement américain n’est pas une bonne nouvelle pour Google. D’une part, elle prive ce dernier de juteuses rentrées financières. Rien qu’au cours du premier trimestre de cette année, Huawei a vendu plus de 59 millions de smartphones dans le monde. Et pour chacun d’eux, il a payé des droits de licence à Google. Une manne d’autant plus importante que Huawei, n°2 mondial, est l’acteur qui monte dans ce marché.

Faut-il scinder Google?
L’annonce de Google pourrait aussi rappeler à certains responsables politiques européens l’ultra-domination du système d’exploitation Android. Il est installé aujourd’hui sur près de 85% des smartphones vendus. Une situation de quasi monopole d’autant plus délicate qu’elle suit « aveuglément » les décisions du locataire de la Maison Blanche. Si, demain, Huawei ne peut plus commercialiser des smartphones concurrentiels, c’est la liberté de choix des consommateurs européens qui sera bafouée.

Pépins en vue?
De façon indirecte, cette situation pourrait aussi avoir des conséquences négatives pour… Apple. En riposte à l’initiative américaine, la Chine pourrait en effet décider d’interdire des produits américains sur son territoire. Ou les taxer drastiquement. A ce petit jeu, les appareils d’Apple – et principalement l’iPhone – seraient certainement touchés. D’autant que, par réaction, les consommateurs chinois pourraient spontanément décider d’opter pour des alternatives « nationales » au smartphone de la firme à la pomme.

On s’fait une bouffe et on discute?
Même si rien ne devrait changer avant la publication de la « liste » dans le journal officiel américain (on ignore aujourd’hui si ce sera demain, dans un mois,…), cette situation devrait faire l’objet d’âpres discussions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine jusqu’à la rencontre prévue pour juin entre Donald Trump et Xi Jiping.

 

La nouvelle vie de Nabaztag

17 mai 2019 – Avec son look de lapin connecté, Nabaztag est apparu aux environs de 2005 grâce aux efforts de Rafi Haladjian et Olivier Mével et de l’équipe de Violet, une jeune pousse française.

Un succès mondial
Quelques mois plus tard, il arrivait dans le commerce, dans une version améliorée, et était rebaptisé Nabaztag:tag. Le concept était nouveau et suscita un important mouvement d’intérêt chez des geeks du monde entier. 150.000 exemplaires furent vendus. Mais son fonctionnement était tributaire de celui de serveurs qui permettait aux « lapins » de la planète de tourner. Mais entre une panne un jour et une liquidation judiciaire un autre, le parcours de Nabaztag ne fut pas un long fleuve tranquille. Heureusement pour les fans, des aficionados se sont organisés pour entretenir la flamme, notamment en hébergeant des serveurs.

https://lh4.googleusercontent.com/v9E6Tz1sdYFh-610nBc_r9jb5ZzfC6amZ0RxZaF9LfawD3GU3LHznQpNkvdK-Wo-eUHCLsN_mMNfKt88yamt3Lpv4e0Y1yrjqnjsguUd20grlHCczgL5CVhHJPViqTOAiZk-ITu_L’histoire aurait pu en rester là. Mais en novembre dernier, on apprend qu’Olivier Mével et d’autres anciens de Violet ont développé « une nouvelle architecture technique (électronique et logiciel) lui permettant de ne plus être dépendant de serveurs externes et donnant la possibilité à toutes les personnes intéressées de contribuer à de nouvelles fonctionnalités (l’ensemble du projet est Open Source) ».

Chez tous les fans des débuts, la nouvelle fait sensation. Et ils le font savoir. Au vu de cet enthousiasme, un kit à installer sur un Nabaztag ou un Nabaztag:tag est créé. Baptisé TagTagTag, il permet de remplacer l’électronique de l’époque par une nouvelle carte à base de Raspberry Pi. Sa disponibilité est annoncée pour le 27 mai, sur la plateforme de pincement participatif Ulule. Aucun prix n’est disponible pour l’instant.

 

 

Avec le 7 Pro, OnePlus s’attaque au smartphone haut de gamme

15 mai 2019 – A part pour quelques geeks, le grand public ne connaît pas la marque OnePlus. Logique: jusqu’à présent, elle était absente de nos magasins. Seule solution pour acquérir un smartphone de cette entreprise chinoise: l’acheter sur Internet. Et grâce à une approche marketing bien rodée, ça marche. Depuis sa création, voici 6 ans, OnePlus s’est taillé une réputation de smartphones performants et à prix abordables. Certes, il n’atteint pas encore le Top 5 du marché. Mais ses clients se mutent souvent en ambassadeurs sinon en partisans au point d’être prêts à payer… pour assister à la présentation d’un nouveau modèle (Apple n’aurait pas osé!). C’est ce qui s’est passé hier, à l’occasion du lancement du OnePlus 7 Pro (et de son petit frère, le 7).

Objectif: marge élevée
Plutôt que d’essayer de vendre un maximum de téléphones mobiles, OnePlus cherche à croquer une part du marché dit « premium » – celui où s’affrontent l’iPhone d’Apple, le Galaxy S10 de Samsung ou encore le P30 Pro de Huawei -, garant de marges bénéficiaires dignes de ce nom. Il y est déjà parvenu en Inde. Et il aimerait répéter l’opération en Europe, notamment avec le nouveau OnePlus 7 Pro, sa première grosse nouveauté, depuis le 6T.

Le petit oiseau jaillit
Cet appareil est doté d’un écran Amoled de 6,7 pouces (1440 x 3120 pixels) au format 19,5/9. Particularité: il ne « souffre » d’aucune encoche, de quelque taille ou forme que ce soit. L’écran occupe la totalité de la face frontale. Mais alors, où se cache l’appareil photo?
Il « jaillit » au sommet de l’appareil lorsqu’on lance le mode selfie. Une jolie prouesse technologique qui pose cependant questions: à quel point le système est-il fiable? Ne risque-t-il pas de lâcher après un certain nombre d’utilisations? Les ingénieurs de OnePlus se veulent rassurants. Le mécanisme serait censé assumer son rôle au moins 300.000 fois. Pas besoin de faire le calcul: cela équivaut à 150 ouvertures/fermetures quotidiennes pendant 5 ans. Impressionnant, mais à valider.

En magasin pour la première fois
Le fabricant chinois semble en tout cas sûr de son coup puisque, pour la première fois, il va vendre ce nouveau smartphone dans le circuit commercial traditionnel en Belgique. Enfin… une partie du circuit. A l’image de ce qui s’est passé en France depuis l’automne dernier, la Fnac va en effet vendre le OnePlus 7 Pro à partir du 21 mai. Une seule configuration y est annoncée à ce stade: 8 Go de Ram et 256 Go de stockage pour un prix de 759€. On ignore si les autres variations (8 Go + 128 Go: 709€ et 12 Go + 256 Go pour 829€) seront proposées par la suite. Comme la Fnac et Vanden Borre font aujourd’hui partie du même groupe, on peut aussi s’interroger. Les plus de 70 magasins Vanden Borre du pays soutiendront-ils eux aussi l’offensive de OnePlus? A suivre…

 

Lenovo est le premier à plier le PC

0

14 mai 2019 – Après le smartphone, le PC. Lenovo a dévoilé aujourd’hui un prototype d’ordinateur portable pliable. Selon le discours officiel, le ThinkPad X1 est « conçu pour les professionnels très mobiles et avides de technologie qui exigent les meilleurs outils« .

Cette brève présentation laisse beaucoup de questions sans réponses. On sait seulement qu’il s’agit d’un écran OLED de 13,3 pouces et qu’il n’a pas d’écran extérieur. La disponibilité du ThinkPad X1 ne devrait pas intervenir avant l’année prochaine. De quoi se donner le temps de corriger des « détails » afin d’éviter des problèmes similaires à ceux rencontrés par Samsung?

Pour une idée du prix, il faudra patienter. Mais si cet ordinateur enregistre le même type de coefficient que celui appliqué par Samsung pour son Fold, mieux vaut commencer à économiser dès aujourd’hui.

Google I/O: nouveaux smartphones, mais pas pour nous

8 mai 2019 – La conférence annuelle des développeurs de Google – Google I/O 2019 – a vu le géant américain dévoiler deux nouveaux smartphones, les Pixel 3a et Pixel 3a XL.

Même s’il est le concepteur et le développeur du système d’exploitation Android (qui équipe plus de 85% de téléphones mobiles dans le monde), on ne peut pas dire que les smartphones – ou les tablettes – commercialisés directement par Google ont été des réussites, qu’ils aient été produits en partenariat avec HTC, LG ou Foxconn.

Une fraction des ventes de Samsung, Huawei ou Apple
L’entreprise ne communique pas officiellement ses chiffres de vente (ce n’est jamais un signe de réussite!). Mais, selon diverses sources, il apparaît que, l’an dernier, seuls 4 millions d’exemplaires environ auraient trouvé acquéreurs. Trois fois rien par rapport aux leaders du marché! Face à une situation similaire, des géants comme Amazon, Microsoft ou Facebook ont choisi de ne pas insister. Mais quand on dispose des budgets de Google, on ne se décourage pas pour… si peu.

L’entreprise américaine a donc annoncé deux nouveaux modèles: les Pixel 3a (écran de 5,6 pouces, 3000 mAh) et Pixel 3a XL (6 pouces, 3700 mAh). Ils sont tous deux équipés du processeur Snapdragon 670, de 4 Go de RAM, de 64 Go de stockage (NON extensible) et d’un capteur Sony 12,2 mégapixels.

Presque partout,… mais pas en Belgique!
Ces deux smartphones sont à considérer comme des versions milieu de gamme des modèles sortis l’année dernière. Ils voient le verre du châssis remplacé par du plastique. Les prix devraient avoisiner les 400€ pour le Pixel 3a et 480€ pour le Pixel 3a XL. Mais de toute façon, on s’en tape. Comme du fait que Google travaille lui aussi sur un projet de smartphone pliable. Car, comme habitude, ces appareils ne semblent pas devoir arriver chez nous.
Alors qu’ils fleurissent déjà sur les « Google Store » de la plupart des autres pays, ils restent absents sur le magasin belge. Ce dernier est d’ailleurs d’une pauvreté sans nom puisqu’on n’y trouve que le Chromecast… et quelques (très bons) produits Nest.
Qu’il s’agisse de la France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne ou même des Pays-Bas,  nos voisins bénéficient d’une attention bien plus soutenue. Ce n’est pas la première fois qu’on le constate, mais la situation n’évolue pas. Alors… ostracisme?

Apple joue la montre

3 mai 2019 – Les jours se suivent, les études de marché aussi. Si les ventes de l’iPhone ne sont pas de nature à donner le sourire à la firme à la pomme, celles de l’Apple Watch apparaissent plus positives. Les chiffres communiqués par le bureau Counterpoint Research comparent les ventes mondiales de smartwatches durant le 1er trimestre de cette année à celles des trois premiers mois de 2018. Sans évoquer le nombre d’unités vendues: le tableau ne traduit que les parts de marché.

©Counterpoint

Et à ce petit jeu, le fabricant californien maintient sa domination. Dans un marché en croissance de 48%, l’Apple Watch voit sa part du gâteau se conforter puisqu’elle passe de 35,5 à 35,8%. Plus d’une smartwatch sur trois est une Apple Watch.

En enregistrant une progression personnelle de 127%, Samsung reprend la deuxième place, mais à bonne distance, avec un peu plus de 11%. L’Indonésien Imoo – inconnu chez nous – perd 3,6% pour atteindre 9,2%. Ce trio précède Fitbit, qui continue à bénéficier du succès de sa Versa, et Amazfit (Xiaomi). A la sixième place, Huawei bénéficie notamment de la popularité de sa Watch GT et précède Fossil et Garmin, étrangement en retrait.

Les petits vont se faire manger
De façon globale, on constate que le marché des smartwatches est encore extrêmement fragmenté. Si les fabricants situés derrière Garmin revendiquent chacun moins de 1,5%, ils représentent ensemble encore près de 28% du gâteau. Comme dans toutes les autres catégories d’appareils, on devrait voir ce pourcentage se réduire au cours des prochains trimestres. Progressivement, les ventes vont être cannibalisées par une poignée de fabricants. Et à ce petit jeu, Apple n’est pas forcément le mieux placé.

Va falloir se remuer les méninges
Quatre ans après le début de la commercialisation de la première Apple Watch (c’était le 24 avril 2015), Tim Cook doit s’interroger. Comment continuer à en vendre davantage? Le défi est plus complexe qu’il n’y paraît. Le problème, c’est que cette smartwatch ne fonctionne qu’en association avec un iPhone… dont les ventes sont à la baisse. Voilà un gros pépin.

Apple pleure, Samsung tremble et Huawei rit

1er mai 2019 – Quand une entreprise refuse de communiquer ses chiffres de vente, c’est rarement parce qu’ils sont bons. Cela semble se confirmer chez Apple. L’annonce officielle de ses résultats trimestriels n’a comporté aucune indication quant au nombre d’iPhone vendus. Mais ce silence voulu par Tim Cook n’a pas empêché IDC de diffuser ses propres analyses. Il en ressort qu’Apple aurait vendu 36,4 millions de téléphones mobiles au cours du 1er trimestre 2019: une chute de plus de 30% par rapport à la même période l’an dernier quand la firme à la pomme avait vendu 52,2 millions d’iPhone.

Et pourtant, elle grimpe
La claque est sévère. D’autant que les autres produits ne compensent pas ce trou. Au total, le chiffre d’affaires – officiellement annoncé à 31 milliards de dollars – encaisse une baisse de 17%. Mais tout bien pesé, ce résultat est moins mauvais que ce que certains redoutaient. Le cours de l’action a d’ailleurs grimpé de 5% après la présentation. Bien sûr, comme tout responsable face à des actionnaires et à un conseil d’administration, Tim Cook avait tenté d’adoucir la pilule, indiquant que cette diminution était bien moindre depuis quelques semaines et que le succès des AirPods, de l’Apple Watch et des services constituaient un signal positif.

Source: IDC

Le smartphone se vend moins
Le marché mondial des smartphones continue à se replier. -6,6% cette fois. On en est maintenant au sixième trimestre consécutif de recul. Les ventes cumulées des divers fabricants ont atteint 310,8 millions d’unités pour les trois premiers mois de l’année contre 332,7 pour le 1er trimestre 2018. Les raisons sont multiples. « Les consommateurs continuent de conserver leur smartphone plus longtemps que précédemment parce que les nouveaux modèles haut de gamme offrent peu de valeur ajoutée, explique en substance un responsable de IDC. De plus, l’arrivée prochaine de terminaux 5G pourrait voir les consommateurs attendre que les réseaux et les appareils soient finalisés en 2020« .

Et ça continue, encore et encore…
Reste un constat: certains fabricants tirent mieux leur épingle du jeu que d’autres. Quand Apple voit ses ventes chuter de 30%, Samsung encaisse un repli de 8%. Et Xiaomi, le n°4 mondial que certains voyaient « exploser » en 2019, accuse une baisse de 10%. Face à eux, tout sourire, Huawei perce tous les plafonds en enregistrant une augmentation de ses ventes de plus de 50%. Un boum notamment dû au succès du Mate 20 Pro et, plus récemment, du P30 Pro.

Le pli est à prendre
+50%! Cette fulgurante progression conforte le fabricant chinois sur la deuxième place du podium mondial. Elle lui permet aussi d’envisager la concrétisation de ses ambitions: s’emparer de la première place d’ici la fin de 2020. Seuls 12,8 millions d’unités vendues la séparent désormais de Samsung. Les mois prochains et les futures nouveautés des deux fabricants seront intéressantes à suivre. D’autant que Huawei a encore une grosse carte médiatique à jouer cette année. Certes, ce n’est certes pas la sortie du Mate X qui lui permettra de combler ce trou. L’appareil – dont on ignore encore la date exacte de sortie – sera coûteux et ne générera que des ventes limitées. Mais une réussite commerciale du premier smartphone pliable de Huawei constituerait un joli coup psychologique après l’épisode Galaxy Fold chez Samsung.

Galaxy Fold: un report du lancement s’imposait

24 avril 2019 – Ici, une moitié d’écran qui n’affiche qu’un voile blanc. Là un grain de sable ou de poussière qui s’est glissé sous la charnière. Ailleurs, une feuille composante de l’écran retirée et qui génère un problème,…

Depuis la semaine dernière, les soucis intervenus chez quelques testeurs américains ont fait le buzz. Et ils ont amené Samsung à prendre la décision qui s’imposait: retarder le lancement commercial du Galaxy Fold.

Voulez-vous perdre des milliards?
Chez le fabricant sud-coréen, chacun a encore à l’esprit le désastre causé par les problèmes de batterie du Note 7 à la fin de l’année 2016. Une catastrophe en termes économiques (elle aurait coûté dans les 8 milliards d’euros; certains évoquent même des chiffres largement supérieurs) et surtout d’image de marque. Mais les situations sont tout à fait différentes. Dans le cas du Note 7, le problème venait d’un sous-traitant et concernait un appareil lancé à pleine production, qui était déjà commercialisé dans de nombreux pays dans le monde.

Des cas exceptionnels ou…?
Pour le Galaxy Fold, la présence en magasin n’était planifiée qu’à partir du 2 mai. La décision de Samsung est donc marquée du sceau de la prudence. En ayant récupéré les exemplaires à problème (combien sont-ils: 5 ou 6? Davantage? Pourquoi le fabricant ne mentionne-t-il pas leur nombre et pourcentage?), les ingénieurs vont pouvoir analyser ce qui s’est passé et mettre en place les mesures correctrices. C’est de la gestion de crise en… « bon père de famille ».

Où sont les contrôles?
On s’étonne néanmoins que ces soucis interviennent sur un appareil d’un tel prix et qui représente un aussi grand potentiel économique: les contrôies de qualité de Samsung ont été pris en défaut. Pourtant connu pour sa rigueur, le géant de Seoul va devoir corriger et renforcer ses procédures.

Un produit au potentiel séduisant
De façon générale, ce scénario-catastrophe aura d’importantes conséquences. Tout d’abord, il sème le doute sur un appareil qui ne le mérite pas vraiment. Lors de la présentation organisée pour quelques médias européens la semaine dernière à Londres, le sentiment dominant était: « Le Galaxy Fold est mieux fini et le concept plus intéressant que nous le pensions« . Certes, contrairement à nos collègues américains, nous n’avions pu avoir l’appareil en main que 90 minutes. Mais pour nous, ce jour-là, le « smartphone pliable » avait quitté la sphère du « gadget sans intérêt » pour celle du « produit à potentiel séduisant ».

Innovation? Tout doux, tout doux…
En plus de refroidir l’enthousiasme des amateurs les plus impatients, les problèmes de ces derniers jours vont freiner les tentatives d’innovation dans le secteur. On ne parle pas uniquement de Samsung. Tous les autres fabricants prêts à foncer sur le créneau du smartphone pliable (Huawei, bien sûr, mais aussi Alcatel et Blackberry, Lenovo, Oppo, Xiaomi,…) risquent de calmer leurs velléités de se jeter rapidement dans la bagarre. Ils vont prendre le temps de voir à quelle sauce le Galaxy Fold va être mangé et de vérifier si leurs propres produits sont à même de « passer les tests ».

Quand?
Aujourd’hui, la grande question est de savoir combien de temps Samsung va prendre pour corriger ou améliorer ceci, préciser cela et relancer les machines. Après ce couac, il n’a plus droit à l’erreur: le jour venu, il devra convaincre rapidement un maximum de personnes. Certaines rumeurs évoquent aujourd’hui un « redémarrage » aux alentours du 12 juin. Ce moment – juste avant les congés d’été – est-il approprié en termes de stratégie commerciale et de communication? A voir. Mais reporter le lancement au début de septembre serait positionner le Galaxy Fold en concurrent médiatique de l’ensemble des nouveautés électroniques traditionnellement présentées au salon IFA de Berlin… sans parler des nouveaux modèles d’iPhone. Affaire à suivre.

Avec le Galaxy Fold de Samsung, l’écran pliable devient réalité

17 avril 2019 – Depuis l’apparition de l’iPhone, voici 12 ans, le smartphone n’a plus connu d’évolution majeure. Du moins jusqu’à ces derniers mois avec la présentation des premiers modèles pliables. Le 2 mai, Samsung débutera la vente du sien: le Galaxy Fold.

La première présentation de cet appareil et l’impossibilité – durant le Mobile World Congress de Barcelone – de le toucher ou même simplement de l’approcher, avaient initié des doutes, favorisé des rumeurs, posé de nombreuses questions. Aujourd’hui, neuf jours avant le début des précommandes, nous avons enfin eu la possibilité de prendre l’appareil en main, 90 minutes durant.

Soyons clairs, nous étions sceptiques. Sans même parler du prix (2020€), le concept d’un smartphone pliable semblait traduire une prouesse technologique… ne répondant à aucun véritable besoin. Et nous nous interrogions quant à la qualité et à la durabilité du produit. Sur ces points, le Galaxy Fold n’a heureusement rien à voir avec le volumineux joujou de Royole, premier fabricant à avoir présenté et mis en vente un smartphone pliable. Par la qualité de sa finition, le Galaxy Fold donne une impression de « premium », de produit bien fini. En plus d’être l’un des produits les plus sophistiqués du moment: il est équipé du processeur Snapdragon 855 et dispose d’une mémoire de 12 Go et d’un volume de stockage de 512 Go. Ajoutez-y une batterie en deux parties (pour assurer l’équilibre de l’appareil) de 4380 mAh.

Fermé, il est – logiquement – plus épais qu’un smartphone traditionnel: 15,5 mm au bord et 17mm à la jointure. Oui, il y a une différence qui se traduit par un espace à l’intérieur, près de la charnière. Selon Samsung, c’est volontaire: cela évite que les deux parties de l’écran se touchent (et, sous-entendu, s’abiment). Peut-être. Mais visuellement, c’est surprenant. Toujours concernant l’écran central (qui n’est pas en verre, mais fait de plusieurs couches de polymère), des questions se posent. Quelques confrères étrangers, qui ont eu la possibilité de tester l’appareil plus d’un jour, ont rencontré des problèmes. Des écrans noirs, ou blancs, ou brisés. Dans certains cas, le problème viendrait d’une protection qui aurait été enlevée par mégarde par ces journalistes. Dans d’autres, c’est moins évident. Au final, cela jette en tout cas un flou sur un appareil censé démontrer la maitrise technologique de Samsung.

C’est du lourd
Il faut aussi parler du poids. Vu son format, ce n’est pas surprenant, mais le Galaxy Fold est de loin le smartphone le plus lourd: 263 grammes. A mettre en comparaison avec les 208 gr. de l’iPhone XS Max, les 210 gr. de l’Honor 8X Max ou les 218 gr. du Xiaomi Mi Mix 3. Maintenant, de façon objective, cette différence de poids n’est pas tellement élevée quand on voit ce qu’apporte l’objet. Il faut juste en être conscient avant de le glisser dans sa poche. Ce qui ne lui posera pas de difficulté vu sa largeur réduite à 6,3 cm quand il est fermé. Elle passe à 11,8 cm en mode ouvert.
Attention cependant: il ne faut pas penser qu’avec « seulement » 6,3 cm de large, le Galaxy Fold va pouvoir être facilement manipulé d’une seule main comme on le faisait avec les premiers iPhone. Car la hauteur de l’appareil, elle, correspond aux normes d’aujourd’hui: un peu plus de 16 cm.

La fermeture (le rabat des deux faces l’une sur l’autre) se fait aisément (d’une simple pression sur le dessus de la jointure, par exemple). Un peu comme on le faisait avec un téléphone à clapet. A ceci près qu’ici la fermeture n’est pas verticale, mais horizontale.

100 fois par jour
L’ouverture, elle, requiert une certaine force. Rien de bien important, et c’est probablement nécessaire pour éviter que l’objet ne s’ouvre à tout moment, mais cela nécessite le bon positionnement des doigts est l’usage des deux mains. Ce n’est certainement pas rédhibitoire, mais il faut le savoir.
De façon générale, ce processus d’ouverture/fermeture constituait l’une des grosses interrogations de l’appareil. Au cours de notre prise en main, nous avons pu constater que les deux se font aisément et sans que l’opération ne permette de redouter l’imminence d’un quelconque dommage. Les ingénieurs de Samsung l’assurent: l’appareil est capable de résister à 100 ouvertures/fermetures par jour pendant cinq ans, au moins.

La question du pli
Allait-on voir un pli au milieu de l’écran lorsqu’il est ouvert? Chacun se posait la question. Et la réponse est… mitigée. Oui, on peut parfois apercevoir l’emplacement du pli. Mais pas tout le temps. Tout dépend du contenu affiché, de la position de la personne qui regarde,… Alors, soyons clairs: au début, on ne recherche que cela sur chaque écran qui s’affiche. Le pli est-il visible? Et il suffit de toucher l’écran latéralement en passant sur la jointure pour ressentir un très léger renfoncement. Mais après quelques minutes, on s’habitue, on ne le recherche plus et on ne le « voit » plus.
C’est l’une des prouesses des ingénieurs de Samsung, le résultat des 7 années de recherche et développement ayant conduit au Galaxy Fold. Il a pris en compte l’aspect technologique, ergonomique et design, mais aussi tout l’écosystème qui l’entoure. L’ensemble se traduit par une expérience originale.

Le petit et le grand

rhdr
bst

On le sait, l’appareil comprend deux écrans: l’un sur la face avant (4,6 pouces; définition de 1960 x 840 pixels; rapport: 21/9), le second occupant la totalité des deux faces intérieures (7,3 pouces; définition de 2152 x 1536 pixels; rapport 14/10). Le fun commence quand on réalise qu’il est possible de retrouver sur la face avant le contenu de l’écran intérieur. Un exemple: on profite de la taille de ce dernier – grand et confortable – pour rechercher un trajet sur Google Maps. Mais pour se promener dans la ville et suivre facilement sa bonne progression, on peut refermer le Galaxy Fold: l’écran de sa face avant affichera le guidage souhaité. Pratique!

Et comme ce qui vaut pour l’aide à la navigation ne vaut pas forcément pour tout le reste, l’utilisateur peut définir pour chaque application si elle doit être transférée entre les deux écrans.

Et une, et deux et trois
Autre originalité et avantage du système: il est possible d’afficher simultanément jusqu’à trois fenêtres d’application et d’interagir entre elles de façon fluide. On peut, par exemple, avoir son client mail, la galerie photos et Facebook. L’intégration d’une photo dans un nouveau statut sur les réseaux sociaux ou un courriel se fera par simple « drag’n drop ». Un smartphone multitâche? On se demande pourquoi aucune tablette ne permet encore ce type de fonctionnalité…
La réflexion des ingénieurs de Samsung a aussi porté sur la capture de photos. Qu’il s’agisse de prise de vue ou d’un selfie, tout peut être fait appareil ouvert ou fermé grâce à un total de six capteurs.

Bien qu’il dispose d’un format inhabituel et même inédit, l’écran permet un confort accru pour la consultation de contenus, qu’il s’agisse de pages Web, de photos, de vidéos, de jeux ou autres. Avec un écran Amoled HDR10+ et des enceintes stéréo, on peut facilement être plongé dans l’action.
Nous n’avons pas eu la possibilité d’installer nous-mêmes des applications sur le Galaxy Fold. Difficile, dans ces conditions, de savoir comment chacune se tirerait d’affaire et exploiterait ce format inédit en tenant compte de la présence d’une encoche assez imposante. Mais une chose est sûre: on s’habitue étonnamment vite à l’objet. On a parfois l’impression que l’on se trompe en parlant d’un smartphone pliable. Ne serait-ce pas plutôt une petite tablette pliable qui devient smartphone?

A l’usage, par certains côtés, le Galaxy Fold recrée aussi quelque chose qui évoque l’expérience du Communicator de Nokia. Comme l’appareil dispose d’un angle d’ouverture préétabli, il est possible de l’utiliser en mode « horizontal » avec par exemple, sur la face supérieure – inclinée – un document Microsoft Word et, sur la face inférieure, un clavier Azerty. Comme un parfum de  Communicator 2.0.

La rareté et l’image de marque
Commercialisé à 2020€ (pourquoi pas 1999?), le Galaxy Fold n’est clairement pas pour tout le monde. Ça tombe bien: Samsung ne disposera cette année que de quantités limitées. Quelques centaines d’exemplaires par mois, en tout et pour tout. Jusqu’en juillet, ils seront exclusivement commercialisés par une vingtaine de boutiques Proximus. Après, la diffusion sera élargie à d’autres points de vente. Mais les quantités resteront limitées jusqu’à la fin de 2019. Et elles seront inférieures à la demande, si l’on en croit les prévisions des responsables de Samsung Belgique: aux Etats-Unis, les stocks prévus pour les précommandes ont été épuisés en quelques heures.
Cette rareté forcée va offrir aux premiers acheteurs (les fameux « early adopters »)  un statut à part et susciter auprès de leurs proches le tant recherché effet « Waouw ». De son côté, Samsung amplifiera son image d’innovateur. Ce qui lui permettra de vendre tranquillement davantage de Galaxy A50, A70 ou S10. Sans que ces derniers rencontrent des problèmes de stock.

Le pli du futur…
Le Galaxy Fold préfigure-t-il le smartphone de demain? Peut-être. L’une de ses formes, en tout cas. Car on pourrait un jour – pourquoi pas? – découvrir un appareil à trois ou quatre volets. Et pour ce qui concerne l’évolution du modèle actuel, on imagine que, d’ici un an ou deux, il sera aminci, allégé, disposera de capteurs photo plus performants, d’un écran frontal de plus grande taille,… Une évolution somme toute dans la lignée du smartphone, tel qu’on le connaît depuis 12 ans.

 

 

 

 

Après le P30 et le P30 Pro, Huawei lance le P30 lite

15 avril 2019 – Dès la fin du mois, Huawei lancera un troisième smartphone dans la série P30. Le P30 lite s’inscrit en cela dans une formule traditionnelle chez le fabricant chinois: une approche commune déclinée en trois versions aux caractéristiques et aux prix très différents.

3 capteurs photo
Un objectif grand-angle de 48MP, un objectif ultra grand-angle de 8MP et un objectif dédié à l’effet bokeh de 2MP: le Huawei P30 lite prolonge le… focus mis sur la photo par ses deux grands frères, le P30 et surtout le remarquable P30 Pro.
Le fabricant indique que le P30 lite dispose d’un mode Handheld Super Night, « qui vous permet de mieux capturer votre vie nocturne (…) même dans des conditions de faible luminosité et sans trépied ».
Le Huawei P30 lite est doté d’un écran de 6,15 pouces (19.3:9) avec une encoche centrale de taille réduite qui abrite la caméra frontale et le déverrouillage par reconnaissance faciale.
Il dispose d’une mémoire de 4GB RAM et d’un volume de stockage de 128G ROM. Il est équipé d’une batterie de 3340mAh et du Quick Charge de 9V2A.
Orchestré autour du processeur Kirin 710 octa-core, le Huawei P30 lite sera disponible à l’achat à partir de fin avril aux prix conseillé de 369€. Pour comparaison, le P30 est vendu 749€ et le P30 Pro à partir de 999€. Porté par la couverture médiatique qui entoure le P30 Pro depuis sa présentation, le P30 lite pourrait devenir le best-seller de ce printemps pour Huawei.