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Arlo offre la qualité et fait régner le flou

4 janvier 2020 – Après les Etats-Unis, Arlo s’est lancé sur le marché européen, en général, et belge en particulier. Arlo? Un nom encore inconnu pour la plupart des consommateurs. Il est vrai que l’entreprise n’a été fondée qu’en 2014 et qu’elle est restée jusqu’en 2018 une filiale de Netgear. Là, ça va déjà mieux: si cette marque est surtout familière auprès des professionnels de l’informatique et des télécoms, Monsieur Tout-le-Monde a peut-être déjà vu ses produits (routeurs, commutateurs, systèmes CPL,…) chez Vandenborre ou Krëfel. Mais, en Belgique en tout cas, la marque Netgear ne bénéficie d’aucun soutien marketing et n’entretient aucune communication avec la presse. La direction commerciale régionale ne le juge probablement pas essentiel: son marché principal est celui des professionnels, celui des entreprises. Dans le cas d’Arlo, les choses sont tout à fait différentes. Arlo vise directement le consommateur. Voilà pourquoi les deux entités ont été scindées en août 2018.
Désormais « libre » au niveau stratégie et forte de sa position dominante sur le marché américain, l’entreprise californienne cherche aujourd’hui à étendre sa couverture internationale.

Presque deux ans après la Pro 2
L’arrivée d’Arlo sur le marché belge coïncide avec la sortie de Pro 3, un kit de « caméras de surveillance connectée de nouvelle génération ». Première caractéristique: il s’agit d’un système sans fil. Vraiment sans fil: pas besoin d’une connexion avec câble Ethernet et pas besoin non plus d’un branchement sur une prise d’alimentation. La ou les caméras sont équipées d’une batterie censée assurer 4 à 5 mois d’autonomie. Et elles peuvent être installées indifféremment à l’intérieur ou à l’extérieur. Troisième particularité: la caméra est équipée d’une sirène intégrée. Si l’utilisateur l’a configurée ainsi, elle se déclenchera automatiquement lorsqu’un mouvement ou un son sera détecté. Il peut aussi choisir de l’activer manuellement depuis l’application Arlo. Quatrième point fort: une torche intégrée. Même principe: allumage automatique possible en cas de mouvement et commande manuelle permise par l’application. Voilà, en gros, pour les fonctionnalités les plus importantes. Mais il y en a d’autres.

L’Arlo Pro 3 est disponible en plusieurs configurations comprenant chaque fois le SmartHub (station de base à connecter au routeur): deux caméras (600€), trois caméras (800€) ou 4 caméras (1000€). Dans chaque cas, une ou plusieurs caméras supplémentaires peuvent être ajoutées par la suite (prix unitaire: 300€). Le fabricant propose aussi une gamme d’accessoires. Parmi les plus intéressants, on note un chargeur de batteries et un panneau solaire. Le premier, vendu aux environs de 70€, permet de recharger en même temps deux batteries. C’est le complément « naturel » du kit avec deux caméras ou plus. Pas indispensable (le kit de base vient avec un chargeur: il est donc tout à fait possible, sans coût additionnel, de charger une batterie à la fois), mais pratique. Le second est à la fois plus original, plus performant et nettement plus éco-responsable. Vendu ±60€, il permet d’alimenter constamment une caméra placée à l’extérieur en installant à proximité (il est livré avec un fin câble de 2,44m) ce petit panneau solaire orientable. Avantage évident: plus besoin de monter sur une échelle tous les X mois pour enlever la batterie et aller la recharger. En théorie, le panneau lui assure le plein d’énergie tout au long de l’année. A l’usage, c’est en tout cas beaucoup plus pratique que de devoir placer une échelle, décrocher la caméra, en retirer la batterie, placer celle-ci dans le chargeur et puis refaire tout en sens inverse. D’autant que, sur base de la configuration adoptée pour notre test et qui s’appuie sur une surveillance 24h/24 avec qualité d’image optimale, l’autonomie d’une batterie n’atteint pas 3 à 6 mois comme indiqué par Arlo, mais beaucoup moins: un gros mois et puis c’est tout. Bien sûr, tout dépend des réglages choisis: avec des notifications demandées pour chaque mouvement, chaque animal, chaque véhicule et chaque personne, le panneau solaire pourrait ne pas suffire à maintenir le niveau d’énergie à un cap suffisant si on parle d’une rue à fort trafic.

Que la lumière soit
Si elle reprend un design déjà connu chez Arlo (…et chez d’autres qui semblent s’en être inspirés…), la Pro 3 propose un profil technique intéressant. Ainsi, plus que les modes vidéo (2K avec support HDR, 1080, 720p; donc, pas de 4K), on apprécie la présence d’un projecteur. La nuit, lorsqu’un mouvement est détecté, il fait jaillir un rayon lumineux  (6500 K, 42 Lux) qui éclaire la zone couverte. L’intérêt? Pour l’occupant qui rentre chez lui ou un visiteur, cet éclairage permet de « voir où il met les pieds ». Pour le candidat cambrioleur, ce rayon transmet un message quasi-subliminal: « Tu es repéré, tu es filmé, ton image est enregistrée. Un conseil? Rebrousse chemin« . Le système est d’autant plus efficace que l’utilisateur peut recevoir une notification sur son smartphone chaque fois que le capteur détecte quelque chose qui bouge. Via l’application, il peut donc voir le visiteur – souhaité ou non – et même entamer un dialogue avec lui. La caméra est en effet dotée d’un micro avec atténuation du bruit ambiant et des échos et permet une conversation en mode « full duplex ». Traduisez: les deux interlocuteurs peuvent parler normalement, ils ne sont pas obligés d’attendre que l’un ait fini pour s’exprimer.

Alarme, alarme!
Malgré le rayon lumineux qui entoure sa progression, un visiteur non-souhaité persiste à progresser et même à tenter de fracturer porte ou fenêtre? Ah, si vous aviez paramétré le système en mode automatique, la sirène retentirait là maintenant! Pas grave: il suffit – que vous soyez dans l’habitation ou n’importe où – de presser le bouton rouge dans l’application pour faire retentir la sirène du signal d’alarme. Il est intégré dans chaque caméra. C’est plus efficace que les systèmes qui incorporent la sirène dans le hub… la plupart du temps positionné à l’intérieur. Si un cambrioleur tente d’entrer chez vous, il faut que cela fasse du bruit à l’extérieur! Alors du bruit, elle en fait, mais on aurait aimé que ce soit plus encore.

Un juteux gâteau…
En 2017, le marché mondial des caméras de sécurité domestique était évalué à 2,76 milliards de dollars. Selon une étude de ResearchAndMarkets.com, il devrait atteindre 8,78 milliards en 2026, progressant ainsi annuellement (et en moyenne) de 13,7%. Comment expliquer cet impressionnant taux de croissance? Par la familiarisation des consommateurs avec tout ce qui touche à la « maison connectée », par la facilité d’installation de nombreux systèmes (bien souvent, ils ne nécessitent pas l’intervention d’un professionnel), par la baisse de leurs coûts et leur simplicité d’utilisation et par le besoin de sécurité. De nombreux acteurs sont sur les dents pour croquer une partie du gâteau: Bosch, D-Link, Eufy, Google Nest, Honeywell, Logitech, Netatmo, Ring, Somfy,… Sur le marché américain, Arlo serait le leader.

Un accord qui pose question
Dernière précision: le 23 novembre dernier, Arlo a annoncé avoir conclu un accord avec l’opérateur suédois Verisure (ex-Securitas Direct). Il en ressort que c’est désormais l’entreprise spécialisée dans la télésurveillance et les alarmes connectées qui reprend les opérations commerciales de Arlo en Europe, en ce compris la gestion du parc d’utilisateurs. Cette annonce – inattendue et soudaine – a surpris ces derniers et beaucoup s’inquiètent de ce qu’elle réserve pour l’avenir. Même si, comme la plupart de ses concurrents, Arlo propose et « pousse » des services optionnels payants, personne n’était et n’est obligé d’y souscrire. Mais qu’en sera-t-il demain avec Verisure, une entreprise connue pour ses formules d’abonnement… dont il est difficile de se défaire? Sur la Toile, de nombreux utilisateurs de matériel Arlo fulminent: certains ont investi des montants importants dans l’installation de matériel de surveillance et ont peur de se retrouver piégés par cette opération commerciale qui les laisse dans le flou.
On sait que, au terme de l’accord, Verisure s’est engagé à utiliser les produits d’Arlo pour ses solutions de sécurité. Cela se traduira par l’achat de matériel pour un montant qui atteindra au minimum 500 millions de dollars endéans les 5 prochaines années. Pour les deux entreprises, les choses sont donc très concrètes. Pour les utilisateurs européens en revanche… Nous avons posé la question au service de communication d’Arlo pour l’Europe. C’était voici près de 3 semaines. A ce stade, nous attendons toujours son retour.

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