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L’ARM fatal à Intel

24 juin 2020 – Organisée pour la première fois en streaming – Covid-19 oblige -, la conférence des développeurs d’Apple (WWDC20) a permis de découvrir plusieurs facettes du futur iOS 14, l’arrivée de la reconnaissance manuscrite dans iPadOS 14, des nouveautés de watchOS 7 (détection d’une séance de lavage de mains!) et des changements liés à la nouvelle version de Mac OS, baptisée Big Sur. Vous les retrouverez en détail sur le site de presse d’Apple.
Par contre, vous n’y trouverez pas un mot sur ce qui constitue la plus importante annonce de la soirée: le Mac va abandonner les puces Intel au profit de celles qu’il développera en interne et qui porteront le nom de « Apple Silicon ».

L’histoire se répète

Ceux qui travaillent avec des ordinateurs Apple depuis longtemps ont encore à l’esprit la « révolution » intervenue voici une quinzaine d’années lorsque l’entreprise de Cupertino abandonna les processeurs Power PC d’IBM pour passer à ceux d’Intel. Wikipedia rappelle que, au cours des années qui suivirent, « Apple développa de nombreuses versions de Mac OS qui pouvaient tourner sur les deux types de processeurs, avec l’introduction d’une couche d’émulation de bas-niveau de l’architecture 68K par les modèles PowerPC, et en encourageant les développeurs à créer des applications fat binaries pouvant tourner nativement sur les deux systèmes. »
C’est que passer d’un processeur à un autre n’est pas comme remplacer une brique Lego. Chaque logiciel doit être réécrit pour s’adapter à la nouvelle architecture. Pour les « grands » éditeurs, le défi est surmontable. D’ailleurs, Adobe et Microsoft seraient déjà prêts. Pour les plus petits, en revanche… Car, plusieurs années durant, l’enjeu va consister à faire cohabiter en parallèle des versions Intel et des versions Apple Silicon. Les premières pour les appareils d’aujourd’hui… et ceux qui seront encore vendus au cours des prochains mois, les deuxièmes pour ceux qui seront lancés à partir de la fin de cette année. Apple se donne deux ans pour « convertir » l’ensemble de ses ordinateurs à Apple Silicon. Ce qui est particulièrement court.

Pourquoi Apple décide de changer?

En abandonnant Intel – trop lent en termes d’avancées technologiques ? -, Apple passera de processeurs avec une architecture x86 à une architecture ARM, comme sur ses appareils mobiles. On l’oublie parfois, mais voilà des années que la firme à la pomme conçoit ses propres puces pour les iPhone et les iPad. En tout, cela représente deux milliards de puces en 10 ans! L’entreprise maitrise donc ce sujet et le volume de Mac vendus chaque année ne va pas bouleverser cette situation. En évitant de faire appel à Intel, d’importantes économies pourraient aussi être réalisées. Fort de sa colossale puissance financière, Apple va complètement gérer son évolution, ses avancées. Sans dépendre de quelqu’un. En parallèle, iPhone, iPad et Mac utiliseront la même architecture ARM, ce qui facilitera grandement le travail des développeurs pour voir leurs applications tourner sur les trois types d’appareil.

Est-il prudent d’acheter un Mac aujourd’hui?

Sur le plan technique, tout laisse à penser que les Mac qui tourneront sous Apple Silicon bénéficieront d’avantages par rapport aux modèles Intel, notamment sur le plan de l’autonomie. Une bonne nouvelle! Mais pour tous ceux qui ont acheté un ordinateur Apple au cours des dernières années, des derniers mois ou qui planifient (planifiaient?) d’en acheter un dans les mois à vernir le sourire n’est pas forcément de mise. Sur le long terme, les machines équipées de puces Intel sont appelées à être progressivement « lâchées » par les éditeurs.
Si Apple est consciente de la situation et s’est engagée à assurer le développement de nouvelles mises à jour pendant plusieurs années pour ses propres logiciels (système d’exploitation, Pages, Numbers, etc.), rien ne garantit que les développeurs indépendants feront de même. Les responsables d’Apple affirment que la majorité d’entre eux pourront « facilement » adapter leurs applications, que cela ne demandera qu’une simple recompilation voire quelques jours de travail, mais cela reste à valider. Acheter un Mac aujourd’hui ou dans dix mois n’est pas une mauvaise chose, surtout si les prix des machines de stock bénéficient d’un prix promotionnel pour « faire de la place dans les rayons ». Les qualités techniques demeurent. Mais si on prévoit de garder la bête pendant dix ans, par exemple, il faut savoir qu’on ne pourra fort probablement pas profiter de telle ou telle nouveauté logicielle voire matérielle. Tout naturellement, les développeurs vont se braquer sur l’avenir. Son nom? Apple Silicon.

Quel nom?

Avant l’adoption par Apple de puces Intel, ses ordinateurs portables s’appelaient « PowerBook ». Il y a fort à parier que les gammes actuelles (MacBook, MacBook Air, MacBook Pro,…) changeront elles aussi de nom lorsque les processeurs Apple Silicon débarqueront.
L’approche a l’avantage de la clarté: on sait immédiatement le type d’architecture à trouver à l’intérieur.
Elle rappellera aussi constamment aux propriétaires de MacBook qu’ils sont toujours avec un appareil d’ancienne génération.

 

 

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