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iPhone 4S: l’essai

On se souvient que, les dans jours et les semaines qui ont précédé la présentation de l’iPhone 4S, diverses rumeurs évoquaient la sortie non pas d’un, mais de deux terminaux. La disparition imminente de Steve Jobs – il est décédé le lendemain – a-t-elle décidé d’un brutal changement de programme? Pas sûr, puisque ces mêmes rumeurs évoquaient un iPhone 5 « radicalement différent » du 4, mais aussi un modèle moins cher destiné à encore élargir le marché d’Apple. L’iPhone 4S ne s’inscrit dans aucun de ces deux profils. Ce qui ne l’empêche d’être intéressant à plus d’un titre.

En football, on dit « On ne change pas une équipe qui gagne« . Ce dicton a été adapté en Californie: « On ne change pas un design et une interface qui fonctionnent et qui sont sans cesse copiés par la concurrence« . Extérieurement, l’iPhone 4S est donc quasiment identique à celui de son prédécesseur. À l’intérieur, c’est différent, on peut parler de gros changements. En plus de l’iOS 5 installé d’origine, l’iPhone 4S se distingue par le processeur A5, un capteur photo de bien meilleure facture, un nouveau système d’antenne et un certain Siri qui fera probablement autant parler de lui… qu’à lui, et longtemps.

Commençons par ce qui est le moins visible. On se souvient que le lancement de l’iPhone 4 avait donné lieu à ce que l’on avait appelé alors « l’antennagate »: des problèmes de captation qui intervenaient si l’on ne positionnait pas ses doigts d’une certaine façon sur l’appareil. Honnêtement, nous avions eu quelques « drop calls » au cours des premiers jours d’utilisation: ni plus, ni moins. Et nous n’avons jamais eu de certitude quant à la raison de ces rares problèmes. En tout état de cause, sans avoir rien fait, ils ont disparu. De là à penser qu’ils étaient peut-être davantage liés au réseau (l’opérateur) qu’à l’appareil… En tout état de cause, Apple a tout fait pour éviter une répétition de cette situation. L’iPhone 4S – désormais téléphone ‘mondial’ alliant les technologies GSM et CDMA – a été doté d’une technologie qui « alterne intelligemment l’usage de deux antennes pour envoyer et recevoir ». Ce système permettrait même de « sauter » d’une antenne à l’autre au beau milieu d’une conversation et bien sûr sans que l’utilisateur en remarque quoi que ce soit. À ce stade, après une huitaine de jours d’utilisation, nous n’avons en tout cas absolument rien constaté d’anormal… et nous n’avons pas expérimenté le moindre « drop-call ».

L’utilisation du processeur A5, déjà présent sur l’iPad 2, constitue une autre amélioration ‘invisible’, mais clairement perceptible: sa puissance intervient dans de nombreuses fonctions de l’iPhone 4S dont la photo/vidéo.

Photo et vidéo
Désormais équipé d’un capteur 1/3 de pouce à 8 millions de pixels et d’un objectif à 5 éléments au lieu de 4, le nouvel iPhone a été conçu pour absorber 73% de lumière en plus. S’il ne vous fera pas oublier votre reflex pour les grands événements de votre existence, il vous permettra sans nul doute d’abandonner votre compact dans un tiroir pour tout le reste de l’année. Que ce soit en photo ou en vidéo, l’iPhone 4S offre de spectaculaires performances au vu de sa compacité et de sa portabilité. Le système de « face detection » permet de désigner la personne que l’on veut photographier: par la suite, on peut changer d’angle de prise de vue, la mise au point continuera à se faire automatiquement sur la personne sélectionnée. On pourrait aussi mentionner le rythme de prise de vues: on n’en est pas encore à la cadence requise par les paparazzi, mais on est en progrès d’autant que l’iPhone 4S dispose d’outils internes pour de rapides corrections du cliché. Pour la vidéo, l’iPhone 4S permet maintenant de filmer en HD 1080p.

Siri m’était conté
Baptisé « assistant personnel », Siri n’existe encore qu’à l’état de Beta. Une façon comme une autre pour Apple de justifier les problèmes qui émaillent encore de cette application tout en recueillant les expériences des utilisateurs. Siri, c’est essentiellement trois choses: un système de reconnaissance vocale, un outil de traitement de langage naturel et un synthétiseur vocal. Il ne faut pas oublier ce triple rôle même si, pour la plupart des utilisateurs, Siri est d’abord un logiciel auquel on parle et qui répond.

Il suffit de conserver le doigt appuyé un peu plus d’une seconde sur le bouton de l’iPhone 4S pour voir apparaître un micro au bas de l’écran. Il est précédé d’une question: « Que puis-je faire pour vous? » Impossible de ne pas penser au Hal de 2001 l’Odyssée de l’Espace: en mode optimal, Siri pourrait en effet comprendre à peu près tout et agir de même. À ce stade – version Beta oblige -, Apple limite son usage à des applications d’Apple. L’avantage, sur les systèmes de reconnaissance vocale connus, c’est que, ici, il ne faut pas passer par une phase d’initiation individuelle (pour habituer l’appareil à votre voix) ni, surtout, employer des expressions figées: ici, vous pouvez presque parler comme à un humain. Surtout que Siri réagit. Vous avez demandé une réunion demain à 15h30? Il sait que vous êtes déjà en réunion de 15 à 16h et vous le fait remarquer. En outre, le système est directement opérationnel, quelle que soit votre voix et, en théorie, quel que soit votre accent. Dans les faits et à ce stade, Siri vous permet de demander, par exemple: « Appelle Monique », « Dois-je prévoir un parapluie vendredi? », « Programme une réunion mardi à 15h », etc. Dans le premier cas, Siri utilise la fonction téléphone, dans le deuxième Météo et dans le troisième Calendrier. Des fonctions d’Apple. Il y en a d’autres. Vous pouvez commander l’envoi d’un message ou d’un mail, demander un cours de Bourse, effectuer une recherche sur le Web (Safari) ou fixer votre heure de réveil pour demain. Le système fonctionne en utilisant le téléphone en mode mains libres ou à l’oreille.

Sur papier, Siri est génial. Tout qui le découvre ne peut s’empêcher de « jouer » et il est probable que, demain, il rentrera complètement dans nos usages au point qu’il sera difficile d’imaginer comment on faisait avant. Et nous n’allons pas nous arrêter de l’utiliser après avoir mis le point final au bas de texte: nous sommes convaincus que le système mérite une prise en mail approfondie et que ses possibilités sont immenses. À ce stade, cependant, nous restons un peu sur notre faim. Siri n’est pas arrivé à un niveau de qualité suffisant (on l’avait pas dit? C’est une Beta…). À part en voiture (où il vaudrait beaucoup mieux ne pas du tout utiliser son téléphone) où la facilité de la commande justifiera peut-être de persister dans ses efforts plutôt que de plonger dans des séances de manipulation.

Même si des initiatives comme le réussi Galaxy S II de Samsung font monter la pression sur Apple, l’iPhone 4 et plus encore l’iPhone 4S nous paraissent rester au-dessus du lot. Faut-il dès lors se précipiter sur l’iPhone 4S? Si vous possédez un iPhone 4, on serait plutôt d’avis de vous conseiller d’attendre un an (???) et l’iPhone 5. En revanche, si vous disposez d’un autre type de téléphone mobile ou d’un iPhone de précédente génération, l’iPhone 4S vous satisfera sans nul doute et vous permettra de suivre et de profiter des évolutions et des améliorations de Siri.

 

PS. Siri va-t-il un jour équiper un téléviseur peut-être de marque Apple? Imaginez de pouvoir dire: « Enregistre le match de foot ce soir sur AB3 », « Montre-moi la page 165 du télétexte de la VRT sur Een », etc. La voix permet des choses que la plus intelligente des télécommandes ne sera jamais en mesure d’accomplir.

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