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Le MWC va-t-il quitter Barcelone ?

Jusqu’en 2005, ce qui s’appelait alors le « Congrès Mondial GSM » ou « 3GSM » se tenait à Cannes. Une fantastique affaire pour la région qui accueillait ainsi chaque année jusqu’à 40.000 visiteurs professionnels. Oui, mais voilà: l’offre hôtelière de la Côte d’Azur a progressivement montré ses limites, tandis que les participants goûtaient de moins en moins l’attitude des chauffeurs de taxis locaux. Et depuis 2006, le Mobile World Congress a établi ses quartiers annuels à Barcelone. Tout s’y passe bien, même si les critiques se font sentir quant aux majorations de prix des chambres d’hôtel, aux obligations de réserver pour un minimum de 3 ou 4 nuits, etc. Mais c’est un autre facteur qui pourrait décider d’un changement: la question du divorce entre la Catalogne et l’Espagne.

A ce stade, les parties concernées balaient toute question d’un revers de la main en rappelant qu’un contrat lie les organisateurs du congrès et la ville de Barcelone jusqu’en 2023. Et les autorités catalanes s’en félicitent chaque année au vu des rentrées financières et les 13.000 emplois qu’entraîne l’événement. Voilà pour le discours officiel. Mais en coulisses, les discussions vont bon train. C’est que d’autres villes se verraient bien accueillir l’événement et les 470 millions d’euros qu’il génère, notamment grâce à ses plus de 100.000 visiteurs. Bizarrement, la porte leur est ouverte… par les autorités catalanes elles-mêmes.

Les hommes et femmes d’affaires qui viennent discuter et signer de juteux contrats durant le Mobile World Congress entendent pouvoir voyager, séjourner et négocier dans le calme. L’année dernière, certains indépendantistes ont cru intelligent de chercher à profiter de la présence de nombreux médias étrangers pour faire entendre leur voix. C’est légitime, mais cela n’a pas plu aux organisateurs du congrès. Ils rappellent discrètement que le lieu qui accueille le MWC doit répondre à des conditions en termes de stabilité et de sécurité.

Les choses ne se sont pas améliorées cette année. En débarquant de son avion afin d’inaugurer le congrès comme il a l’habitude de le faire, le roi Felipe VI a cette fois été boudé par plusieurs responsables catalans. Et pas des moindres: le président du Parlement régional et la maire de Barcelone ont ostensiblement refusé de recevoir le souverain espagnol. Ici, encore, le comportement peut être compris à partir du moment où ces responsables politiques reprochent au monarque son attitude et ses propos face aux volontés indépendantistes de certains catalans. Mais quand il touche une manifestation internationale aux enjeux économiques aussi importants, cela fait tache.

Le grand quotidien El Pais s’en est ému et titrait lundi « Le boycott du roi menace l’avenir du MWC à Barcelone« . Il n’est pas le seul. Et certaines villes qui, jusque-là, se contentaient de discrètes campagnes de lobbying, n’hésitent plus à sortir de l’ombre. Une, surtout: Dubai. Voilà des années que les autorités de l’émirat multiplient les efforts pour attirer le tourisme d’affaires. Cette stratégie a d’ores et déjà engrangé l’organisation de l’Exposition Universelle qui s’y tiendra en 2020. Pourquoi ne pas y ajouter un congrès dont la prochaine édition risque de faire date en dévoilant de premiers terminaux prévus pour la 5G?

Hier, 27 février 2018, de la neige fondante est tombée sur Barcelone: ce n’était plus arrivé depuis sept ans, aux dires de ses habitants. Les participants au Mobile World Congress, venus des quatre coins du monde, sont habitués à la température clémente que connaît habituellement la région à la fin février. Ils ont été surpris, d’autant qu’un vent glacial était aussi présent. Un costume cravate, ça ne tient pas très chaud quand on fait 45 minutes de file pour attraper un taxi. La situation a dû faire sourire du côté de Dubai: en février, la température moyenne y oscille entre 15 et 23 degrés.

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